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  • : Le blog de Luc Bussière
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  • Luc Bussière
  • Marié, père de 4 enfants 3 jeunes hommes adultes dont deux mariés, et une ado. Grand père depuis Août 2010
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 15:08

Réflexion sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu

Simone Weil.

 Extraits de « Attente de Dieu »

 

Texte complet de "Attente de Dieu" en pdf:  http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/attente_de_dieu/attente_de_dieu.html 

 

La clef d’une conception chrétienne des études, c’est que la prière est faite d’attention. C’est l’orientation vers Dieu de toute l’attention dont l’âme est capable. La qualité d’attention est pour beaucoup dans la qualité de la prière. La chaleur du cœur ne peut pas y suppléer.

 

Seule la partie la plus haute de l’attention entre en contact avec Dieu, quand la prière est assez intense et pure pour qu’un tel contact s’établisse ; mais toute l’attention est tournée vers Dieu.


Les exercices scolaires développement, bien entendu, une partie moins élevée de l’attention. Néanmoins, ils sont pleinement efficaces pour accroître le pouvoir d’attention qui sera disponible au moment de la prière, à condition qu’on les exécute à cette fin et à cette fin seulement.

 

Bien qu’aujourd’hui on semble l’ignorer, la formation de la faculté d’attention est le but véritable et presque unique intérêt des études. La plupart des exercices scolaires ont aussi un certain intérêt intrinsèque ; mais cet intérêt est secondaire. Tous les exercices qui font vraiment appel au pouvoir d’attention sont intéressants au même titre et presque également.

 

Les lycéens, les étudiants qui aiment Dieu ne devraient jamais dire : « moi, j’aime les mathématiques » , « moi, j’aime le français », « moi, j’aime le grec ». Ils doivent apprendre à aimer tout cela, parce que tout cela fait croître cette attention qui, orientée vers Dieu, est la substance même de la prière.

 

N’avoir ni don ni goût naturel pour la géométrie n’empêche pas la recherche d’un problème ou l’étude d’une démonstration de développer l’attention. C’est presque le contraire. C’est presque une circonstance favorable.

 

Même il importe peu qu’on réussisse à trouver la solution ou à saisir la démonstration, quoiqu’il faille vraiment s’efforcer d’y réussir. Jamais, en aucun cas, aucun effort d’attention véritable n’est perdu. Toujours il est pleinement efficace spirituellement, et par suite aussi, par surcroît, sur le plan inférieur de l’intelligence, car tout lumière spirituelle éclaire l’intelligence.

 

Si on cherche avec une véritable attention la solution d’un problème de géométrie, et si, au bout d’une heure, on n’est pas plus avancé qu’en commençant, on a néanmoins avancé, durant chaque minute de cette heure, dans une autre dimension plus mystérieuse. Sans qu’on le sente, sans qu’on le sache, cet effort en apparence stérile et sans fruit a mis plus de lumière dans l’âme. Le fruit se retrouvera un jour, plus tard, dans la prière. Il se retrouvera sans doute aussi par surcroît dans un domaine quelconque de l’intelligence, peut-être tout à fait étranger à la mathématique. Peut-être un jour celui qui a donné cet effort inefficace sera-t-il capable de saisir plus directement, à cause de cet effort, la beauté d’un vers de Racine. Mais que le fruit de cet effort doive se retrouver dans la prière, cela est certain, cela ne fait aucun doute.

 

(…)Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus.

 

(…) La solution d’un problème de géométrie n’est pas en elle-même un bien précieux, mais la même loi s’applique aussi à elle, car elle est l’image d’un bien précieux. Etant un petit fragment de vérité particulière, elle est une image pure de la Vérité unique, éternelle et vivante, cette Vérité qui a dit un jour d’une voix humaine : « Je suis la vérité ». Pensé ainsi, tout exercice scolaire ressemble à un sacrement.

 

( …) Ce n’est pas seulement l’amour de Dieu qui a pour substance l’attention. L’amour du prochain, dont nous savons que c’est le même amour, est fait de la même substance.

 

(…) Les études scolaires sont un de ces champs qui renferment une perle pour  laquelle cela  vaut  la peine de vendre tous ses biens, sans rien garder à soi, afin de pouvoir l’acheter.

 


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Published by Luc Bussière - dans Philosophes chrétiens
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