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  • : Le blog de Luc Bussière
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  • Luc Bussière
  • Marié, père de 4 enfants 3 jeunes hommes adultes dont deux mariés, et une ado. Grand père depuis Août 2010
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 14:19



Les penseurs du Moyen Age.

 

Les philosophes du Moyen-Age : l’âge de la foi.

 

« Le Moyen-Age, ainsi appelé, trop simplement, parce qu’il va de la conversion de l’empereur romain Constantin le Grand (272-337) aux prémisses de la Renaissance, et qu’il se situe ainsi entre l’Antiquité païenne et un Renouveau païen, est le millénaire d’une civilisation s’efforçant d’être chrétienne, et, précisément à cause de cela, caricaturée, calomniée, travestie, vilipendée, par la plupart des historiens et intellectuels modernes plus ou moins humanistes. Le Moyen-Age doit bien plutôt être désigné et décrit comme l’Age de la Foi en Occident (…) En fait, sous la souveraineté de la grâce de Dieu et à la mesure de l’obéissance fidèle des hommes, l’Age de la foi a été la plus belle des civilisations que le monde ait connues, encore qu’elle ait été loin d’être parfaite ; avec ses hauts mais aussi ses bas, avec ses grandeurs mais aussi ses misères. Et l’on peut se demander comment l’intelligentsia d’un XXème siècle abominablement esclavagiste et sanguinaire, avec ses guerres mondiales, ou localisées, au caractère total, ses goulags et ses camps de concentration, ses chambres à gaz et ses tortures, ses massacres et ses avortements par millions chaque année, pires encore que les sacrifices humains du passé, et légalisés par les Etats comme relevant de la médecine, etc, ose regarder de haut, avec mépris, l’Age de la Foi dont la quête incessante et le respect de Dieu ont animé les progrès en tous domaines. Ne sommes nous pas parvenus au temps inverse de celui dont parlait le cher et grand S. Athanase quand il écrivait dans Sur l’Incarnation du Verbe, à l’orée de l’Age de la Foi :

 

« De même que lorsque paraît le soleil, les ténèbres perdent leur force, et, s’il en reste quelque chose, il les chasse ; de même, quand est venue la divine manifestation du Dieu Verbe, les ténèbres des idoles n’ont plus de force, mais partout toutes les parties de l’univers sont illuminées par son enseignement (…) Le genre humain serait allé à sa perte si le Fils de Dieu, maître de l’univers et sauveur, n’était venu le secourir pour mettre un terme à la mort (…) C’est lui qui dès avant sa manifestation corporelle remportait la victoire contre ses adversaires les démons, et gagnait les trophées contre l’idolâtrie (…) Au temps de jadis toute la terre habité et tout lieu étaient trompés par le culte des idoles, et les hommes ne pensaient pas qu’il pût  avoir de dieu en dehors d’elles. Mais à présent, par toute la terre habitée, les hommes abandonnent le culte supersticieux des idoles et cherchent leur refuge auprès du Christ, et, l’adorant comme Dieu, ils connaissent par lui le Père qu’ils ignoraient (…) Le Seigneur a touché toutes les parties de la création, il les a toutes délivrées et détrompées de toute erreur, comme dit Paul : « Il a dépouillé les principautés et les puissances et il en a triomphé sur la croix », afin que personne ne puisse plus désormais être égaré, mais qu’on trouve en tous lieux le véritable Verbe de Dieu. » 

 

Le Moyen Age n’est pas une période obscure de la pensée, comme on le dit souvent. Il est, au contraire, le terreau dans lequel prend naissance notre monde moderne, dans un premier affrontement entre la foi révélée du christianisme et la raison autonome. Le christianisme va bouleverser les concepts philosophiques et l’histoire de la pensée. En apportant l’idée d’une Dieu unique, parfait, transcendant, mais aussi les notions de foi, de salut, d’infini, le christianisme accomplit un grand tournant.

 

Le Moyen Age est cette longue période pendant laquelle s’installe complètement le christianisme. Petit à petit un humanisme s’installera insidieusement toutefois. (L’humanisme dont il est question ici et dans les pages qui suivent, peut être défini comme la religion de l’homme s’auto divinisant, de l’Homme mesure de toutes choses, de l’Homme exaltant la Raison, sa raison, au-dessus de tout.)

 

 La raison grecque et plus précisément la doctrine d’Aristote, transmise par les penseurs musulmans, en particulier par Averroès, ensemence la pensée du 12ème siècle, donnant naissance à la scolastique : Abélard, brillant dialecticien, se heurte à l’Eglise, en voulant introduire la raison dans le domaine de la révélation. Ainsi, christianisme, pensée islamique, pensée hellénique s’interpénètrent et sont parfois en osmose. Du 13ème siècle, il est dit : « Paris, Capitale, enseigne au monde entier ». Les plus grands penseurs intellectuels, philosophes, tous chrétiens, sont venus à Paris, ont contribué à l’apparition de l’Université: Bonaventure et Thomas d’Aquin furent parmi les plus grands.

 

C’est au 13ème siècle  que se fait véritablement l’alliance de la foi et de la raison : Thomas d’Aquin, la grande figure du Moyen-Age, explicite un aristotélisme chrétien, dans lequel la raison se met au service de la foi ; Roger Bacon critique la tradition et pose les lointains préliminaires  de la science expérimentale. La fin du Moyen Age est une période d’invention intellectuelle : Maître Eckhart, grand maître de la mystique rhénane, Duns Scot, dont la pensée est originale et aura un grand retentissement, enfin, la voie moderne, celle des nominalistes, celle de Guillaume d’Ockham en particulier, constituent les principales voies explorées au 14ème siècle. Grosso modo, la philosophie médiévale couvre mille ans d’histoire. Nous découvrons ainsi u gigantesque massif, débordant toute frontière nationale, religieuse, culturelle. »

 

AUGUSTIN (354-430)

http://jesusmarie.free.fr/augustin.html

 

La prière du philosophe. Henri Irénée Marrou 

 « O Dieu, Créateur de l’Univers, permets d’abord que je te prie comme il convient, puis, que je me rende digne d’être exaucé ; enfin, que je te doive ma libération. Dieu, par qui toutes les choses qui n’auraient pas l’ « être » par elles-mêmes tendent à l’ « être » ; Dieu, qui ne laisses pas périr les choses qui se détruisent réciproquement ; Dieu, qui a créé de rien ce monde dont tous les yeux sentent la souveraine beauté ; Dieu qui n’es pas l’auteur du mal,  et qui permets qu’il existe pour prévenir un plus grand mal ; Dieu qui, au petit nombre des esprits capables d’accéder à ce qui « est » réellement, décèles que le mal n’a aucune substance ; Dieu, grâce à qui l’univers, même avec ses éléments fâcheux, est parfait tout de même ; Dieu, qui ne permets aucune dissonance même au plus humble degré de cet univers, puisque le pire s’harmonise avec le meilleur ; Dieu, qu’aime tout ce qui, consciemment ou inconsciemment, peut aimer ; Dieu, qui contiens tout, mais qui ne reçois de l’ignominie de la créature aucune ignominie, de sa malice aucun dommage, de ses erreurs aucune erreur ; Dieu, qui n’as donné qu’aux cœurs purs de connaître le Vrai ; Dieu, Père de la vérité, Père de la sagesse, Père de la vie véritable et suprême, Père du  bonheur, Père du bon et du beau, Père de la lumière intelligible, Père de notre réveil et de notre illumination, Père du gage qui nous avertit de retourner à toi ;

 

C’est toi que j’invoque, ô Dieu Vérité, source, principe, auteur de la vérité de tout ce qui est vrai ; Dieu  Sagesse, principe, auteur de la sagesse de tout ce qui est sage ; Dieu, qui es la véritable, la suprême vie, source, principe, auteur de la vie de tout ce qui vit véritablement et souverainement ; Dieu Béatitude, source, principe, auteur du bonheur de tout ce qui est heureux ; Dieu du Bien et du Beau, source, principe, auteur du Bien et du Beau dans tout ce qui est  bon et beau ; Dieu Lumière intelligible, source, principe, auteur de la lumière intelligible dans tout ce qui brille dans cette lumière ; Dieu, dont le royaume est cet univers que les gens ignorent ; Dieu dont le royaume trace leurs lois aux royaumes mêmes de ce monde, Dieu, de qui on ne se détourne que pour choir, vers qui se tourner c’est se lever de nouveau, et en qui demeurer c’est trouver un solide appui ; sortir de toi c’est mourir, revenir à toi c’est revivre, habiter en toi c’est vivre ; Dieu que nul ne perd s’il n’est trompé, que nul ne cherche sans appel préalable, que nul ne trouve s’il ne s’est purifié d’abord ; Dieu, dont l’abandon équivaut à la mort, la recherche à l’amour, la vie à l’entière possession ; Dieu, vers qui la foi nous pousse, vers qui l’espérance nous dresse, à qui la charité nous unit ; Dieu, par qui nous triomphons de l’ennemi, c’est à Toi que j’adresse ma prière !

 

Dieu, à qui nous devons de ne pas périr complètement ; Dieu, qui nous avertis de veiller ; Dieu, grâce à qui nous distinguons le bien du mal, Dieu, grâce à qui nous fuyons le mal et cherchons le bien ; Dieu, grâce à qui nous ne cédons pas à l’adversité ; grâce à qui nous possédons l’art d’obéir et l’art de commander ; Dieu, grâce à qui nous apprenons que parfois ce que nous croyions nôtre nous est étranger, et que ce que nous croyions étranger est bien à nous parfois ; Dieu, grâce à qui nous dégageons des appâts et des séductions des méchants ; Dieu, grâce à qui ce qu’il y a de meilleur en nous n’est pas assujetti à ce qu’il y a de pire ; Dieu, grâce à qui la mort est absorbée dans sa victoire (1Cor 15 :54) ; Dieu, qui nous tournes vers toi ; Dieu qui nous dépouilles de ce qui n’est pas pour nous revêtir de ce qui est ; Dieu, qui nous rends dignes d’être exaucés ; Dieu, qui nous fortifies ; Dieu, qui nous introduis à toute vérité ; Dieu, qui nous dis tout ce qui est bien, qui ne fais pas de nous des insensés, qui ne permets à qui que ce soit de nous rendre tels ; Dieu, qui nous rappelles dans le bon chemin ; Dieu, qui nous conduis jusqu’à la porte ; Dieu, qui fais qu’elle s’ouvre à ceux qui frappent (Mat 7 :8) ; Dieu, qui nous donnes le pain de vie ; Dieu, grâce à qui nous avons soif de cette eau qui, une fois bue, désaltère à jamais (Jean 6 :35) ; Dieu, qui convaincs le siècle sur le péché, sur la justice, sur le jugement (Jean 16 :8) ; Dieu, grâce à qui nous demeurons insensibles aux raisons des incrédules ; Dieu, qui nous apprends à blâmer l’erreur de ceux qui croient que les âmes ne s’acquièrent nul mérite devant vous ; Dieu, grâce à qui nous ne sommes pas les esclaves de rudiments faibles et chétifs (Galates 4 ;9) ; Dieu, qui nous purifies et nous prépares aux divines récompenses, -sois-moi propice, ô mon Dieu…. »  

 

ANSELME DE CANTORBERY (1033-1109)

"Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. 
Car je crois ceci - à moins que je crois, je ne comprendrai pas. "

http://jesusmarie.free.fr/anselme.html

 


BONAVENTURE (1121-1274)

http://jesusmarie.free.fr/bonaventure.html

 


THOMAS D’AQUIN (1225-1274)

http://jesusmarie.free.fr/thomas_d_aquin.html


Somme contre les Gentils, Chapitre 4.

 

« Il est convenable que les vérités sur Dieu auxquelles parvient la raison naturelle soient proposées aux hommes comme objets de foi.

 

  1. Bien qu’il y ait deux sortes de vérités portant sur ce qui est intelligible de Dieu, l’une à laquelle la recherche de la raison peut parvenir, l’autre qui dépasse toute capacité de la raison humaine, il n’en est pas moins convenable que Dieu propose à l’homme l’une et l’autre comme objets de foi. Il faut d’abord le montrer pour la vérité  accessible à la recherche de la raison, de peur qu’on s’imagine que, du moment qu’elle peut être atteinte par la raison, il était inutile de les transmettre comme objet de foi par une inspiration surnaturelle.

 

  1. Trois inconvénients s’ensuivraient, si cette sorte de vérités était laissée à la seule recherche de la raison. Le premier est que peu d’hommes auraient alors la connaissance de Dieu. En effet, la plupart sont empêchés de goûter à ce fruit de l’enquête studieuse qu’est la découverte de la vérité, pour trois raisons. Pour certains c’est une mauvaise disposition de leur tempérament qui les rend naturellement mal disposés pour le savoir : ils ont beau s’appliquer à l’étude, ils ne peuvent pas atteindre le plus haut degré de la connaissance humaine, qui consiste à connaître Dieu. Pour d’autres, l’empêchement, ce sont les besoins domestiques. Il faut bien, en effet, que, parmi les hommes, certains se chargent d’administrer les affaires temporelles : ils ne peuvent consacrer assez de temps au loisir de la recherche contemplative, pour parvenir au plus haut faîte de la recherche humaine, la connaissance de Dieu. Pour d’autres enfin, l’empêchement, c’est la paresse. Car la connaissance de ce que la raison peut découvrir de Dieu réclame de nombreuses connaissances préalables, puisque presque tout le cours de la philosophie est ordonné à la connaissance de Dieu ; c’est pourquoi la métaphysique, qui a pour objets les choses divines, reste, de toutes les parties de la philosophie, la dernière à apprendre. On ne peut donc pas parvenir à rechercher cette vérité sans consacrer à l’étude beaucoup d’effort. Effort que bien peu veulent assumer pour l’amour de la science, dont Dieu a pourtant inscrit un appétit naturel dans les esprits des hommes.

 

  1. Le deuxième inconvénient est que ceux qui pourraient parvenir à la découverte de cette vérité, n’y arriveraient que de justesse, après beaucoup de temps. D’une part, en raison de la profondeur de cette vérité, que l’intellect humain ne devient apte à saisir par la voie de la raison qu’après un long exercice. D’autre part, en raison de toutes les connaissances préalables qui sont nécessaires, comme on l’a dit. Enfin, pour cette raison aussi que, durant la jeunesse, tant que l’âme est agitée par les divers mouvements des passions, elle n’est pas capable de la connaissance d’une si haute vérité ; mais, lorsqu’elle trouve le repos, elle devient prudente et sage, comme il est dit au livre VII de la Physique (247b23-24). Ainsi donc, si la voie de la raison était la seule qui menât à la connaissance de Dieu, le genre humain resterait dans les plus profondes ténèbres de l’ignorance, puisque la connaissance de Dieu, qui est ce qui contribue le plus à rendre les hommes parfaits et bons, n’échoirait qu’à un petit nombre d’hommes, et, à ceux-là mêmes, après une longue période de temps.

 

  1. Le troisième inconvénient est que l’erreur se mêlerait le plus souvent à la recherche de l’humaine raison, à cause de la faiblesse de notre intellect à juger, et à cause des images qui viennent se mêler à nos idées. Aussi, pour beaucoup, des choses pourtant démontrées en toute vérité demeureraient douteuses, puisqu’ils ignorent la force de la démonstration, et surtout parce qu’ils voient différentes personnes, qui passent pour sages, enseigner des choses différentes. Et aux nombreuses vérités démontrées se mêleraient parfois quelque chose de faux, non démontré, mais affirmé pour quelque raison probable ou sophistique, qu’il arrive qu’on prenne pour une démonstration. Il a donc fallu offrir aux hommes, par la voie de la foi, une certitude fixe et une vérité pure dans le domaine des choses de Dieu.

 

  1. C’est donc de manière salutaire que la clémence divine, dans sa prévoyance, a fait en sorte que la raison doive tenir par la foi même les choses sur lesquelles elle peut enquêter : de telle sorte que tous puissent facilement avoir part à la connaissance de Dieu, et cela sans doute ni erreur.

 

  1. C’est pourquoi on lit dans la Lettre aux Ephésiens, 4.7 : « Ne vous conduisez plus comme se conduisent les païens dans la vanité de leur sentiment, eux dont la pensée est obscurcie par les ténèbres » ; et au chapitre 54.13 d’Esaïe : « je ferai tous tes fils instruits par le Seigneur. »

 




 Athanase, Traduction de Charles Kannengiesser, Sources chrétiennes, n°199, p 463, 299, 399, 437. Extraits et citation tirés de  Pierre Courthial dans son ouvrage : « Les jours des petits commencements ».  p 182 à 184

 

 Pierre Courthial : « les jours des petits commencements »

 «  St Augustin et l’augustinisme, »Edition du  Seuil, p 98 et 101

 

 Soliloques, I, I (2-3) Trad de Labriolle.

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Published by Luc Bussière - dans Cours 1 philo chrétienne
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